Saviez-vous qu’en France, près de 20 % des surfaces agricoles sont exposées à des épisodes de sécheresse récurrents, menaçant la rentabilité des élevages ? Face à ce défi majeur, l’agrivoltaïsme émerge comme une solution novatrice, combinant production d’électricité solaire et maintien de l’activité agricole. Dans cet article, découvrons comment cette alliance prometteuse pourrait transformer l’avenir des éleveurs français tout en préservant nos paysages et nos ressources naturelles.
Concept
L’agrivoltaïsme unit élevage et production d’énergie solaire sur une même parcelle. Le principe est simple : on installe des panneaux solaires surélevés, le plus souvent à 2,5 mètres du sol, pour laisser passer les animaux et les machines agricoles. Cette configuration permet aux éleveurs de garder toute la surface utile pour le pâturage, tout en produisant de l’électricité.
L’élevage et les panneaux solaires peuvent bien coexister sans nuire à la productivité agricole. Les animaux, comme les moutons ou les vaches, se déplacent sous les panneaux. Les études techniques, propres à chaque projet, prennent en compte la taille du troupeau, son comportement, la forme du terrain et les besoins précis en ombrage. Par exemple, sur des terrains plats, les panneaux peuvent être espacés pour créer des couloirs de pâturage, alors que dans d’autres cas, ils couvrent toute la parcelle pour offrir plus d’ombre lors de fortes chaleurs.
Il existe plusieurs modèles d’intégration. Le plus courant consiste à placer les panneaux en rangées écartées, ce qui laisse de l’herbe à disposition et facilite la circulation des animaux et des équipements. D’autres systèmes couvrent moins d’espace au sol, pour s’adapter aux besoins spécifiques des espèces élevées. Ces modèles sont ajustés selon les recommandations issues d’une étude personnalisée.
L’un des principaux objectifs de l’agrivoltaïsme est de diversifier les revenus agricoles. Les exploitants peuvent espérer un revenu additionnel de 2 000 à 5 000 euros par hectare chaque année, en plus de l’activité d’élevage. Cette approche optimise aussi l’usage des terres, en conciliant alimentation animale et production d’énergie. Les panneaux apportent un abri aux animaux contre le soleil, la pluie ou le vent, ce qui améliore le bien-être animal, un point souligné par la réglementation récente. Enfin, l’agrivoltaïsme reste compatible avec les aides de la PAC, ce qui rassure de nombreux professionnels.
Importance
L’agrivoltaïsme joue un rôle central dans la transition énergétique, surtout pour l’élevage. En couvrant les pâturages de panneaux solaires, on produit de l’énergie renouvelable tout en gardant l’accès aux terres pour les animaux. Ce double usage aide à réduire la dépendance aux énergies fossiles et limite les émissions de gaz à effet de serre. Les panneaux fournissent aussi de l’ombre, ce qui protège le bétail des vagues de chaleur et préserve leur bien-être. Ce point devient clé face aux épisodes de sécheresse et aux extrêmes climatiques de plus en plus fréquents.
L’élevage est souvent confronté à des marges faibles et à des coûts en hausse. L’agrivoltaïsme propose une solution innovante : il permet aux éleveurs de diversifier leurs revenus grâce à la vente d’électricité solaire, sans perdre leur ressource principale, la prairie. Par exemple, les panneaux sont installés en hauteur pour ne pas gêner la circulation des animaux, ce qui maintient le pâturage possible. Cette approche aide à sécuriser la rentabilité des exploitations tout en répondant aux attentes croissantes en termes de durabilité.
La sécurité alimentaire et énergétique est un autre enjeu. L’agrivoltaïsme aide à préserver la ressource fourragère, essentielle pour nourrir les troupeaux, et améliore la résilience face au climat. L’ombre des panneaux réduit l’évaporation de l’eau, limite l’érosion des sols et favorise la santé du sol. Son intégration dans la politique agricole commune (PAC) prouve son importance dans les stratégies agricoles durables à l’échelle internationale.
- défis économiques : pression sur les revenus, volatilité des prix, besoin d’investissements
- défis environnementaux : érosion des sols, perte de biodiversité, adaptation au climat
- défis sociaux : maintien de l’emploi rural, acceptabilité locale, accès aux innovations
L’agrivoltaïsme reste un chantier technique et réglementaire, mais il ouvre de vraies pistes pour l’avenir des éleveurs.
Avantages

L’agrivoltaïsme donne aux éleveurs une chance de diversifier leurs revenus. En plus de l’élevage, ils peuvent vendre l’électricité produite sur leurs terres. Cela aide à compenser les aléas du marché agricole, tout en gardant leurs droits sur la propriété. La pose des panneaux solaires ne demande aucun investissement de la part de l’éleveur, car les coûts sont souvent pris en charge par des partenaires externes. Pour beaucoup, cela réduit le risque financier et offre une stabilité bienvenue.
Les panneaux jouent aussi un rôle clé pour les animaux. Leur ombre protège du soleil direct et des pluies fortes. Ce simple abri aide à limiter le stress thermique, surtout lors de périodes de sécheresse ou de canicules, qui deviennent plus fréquentes. Les animaux trouvent sous ces panneaux une zone fraîche, ce qui peut limiter les pertes de production et améliorer leur confort global. La qualité du fourrage reste meilleure sous l’ombre, car il sèche moins vite et garde plus de nutriments. Cela se ressent dans la santé des animaux, mais aussi dans la qualité du lait ou de la viande produite.
L’agrivoltaïsme ne s’arrête pas là. Il s’adapte aux besoins de chaque ferme, car les panneaux peuvent être fixes ou mobiles pour gérer la lumière et l’ombre selon les saisons. Cela permet de maintenir la productivité agricole tout en produisant de l’électricité verte.
D’un point de vue écologique, les bénéfices sont concrets :
- Moins d’évaporation de l’eau du sol
- Diminution de l’érosion et maintien de la biodiversité
- Réduction de la température au sol
- Protection contre certains prédateurs grâce à la structure des panneaux
- Production d’énergie renouvelable sans empiéter sur les terres agricoles
Défis
L’agrivoltaïsme, quand il est appliqué à l’élevage, doit faire face à des défis multiples qui touchent l’ensemble du projet, de la pose des panneaux à la gestion du troupeau. Installer et garder des panneaux solaires sur des prairies demande de l’adaptation. Il faut que les structures tiennent bon face au vent, aux animaux curieux, ou au passage des tracteurs. Les éleveurs doivent pouvoir circuler, tondre, nourrir et déplacer leurs bêtes sans se heurter à des obstacles. Il y a aussi la question de la maintenance : comment accéder aux panneaux sans perturber les animaux ou abîmer le terrain ? Le bien-être animal reste central. Par exemple, certains animaux pourraient se blesser ou être stressés par des installations mal conçues. L’ombre créée par les panneaux peut améliorer le confort des bêtes en été, mais peut aussi modifier la pousse de l’herbe, changeant la gestion du pâturage.
La production d’énergie varie selon la saison, et il faut bien doser pour que la ferme reste efficace toute l’année, surtout dans les régions où le soleil manque en hiver. Si les panneaux couvrent trop de surface (plus de 40%), cela peut nuire à la biodiversité et à la disponibilité du fourrage. Il est donc crucial de garder un équilibre entre énergie solaire et rendement agricole.
Les obstacles réglementaires et administratifs sont aussi importants :
- Les projets doivent répondre à une vraie problématique agricole (climat, bien-être animal, etc.) pour être validés.
- Il y a des règles strictes sur la proportion de surface couverte par les panneaux.
- Les contrôles sont nécessaires pour éviter que l’installation ne soit qu’un projet énergétique déguisé.
- Il faut respecter les lois locales et les procédures de déclaration ou d’autorisation.
Enfin, la réussite passe par un vrai dialogue entre agriculteurs, énergéticiens et collectivités. Chacun doit pouvoir donner son avis pour que le projet tienne compte des besoins locaux et des enjeux environnementaux.
Opportunités
L’agrivoltaïsme dans l’élevage ouvre des pistes concrètes pour changer le modèle économique des fermes. Avec des panneaux solaires installés au-dessus des pâturages ou des enclos, les éleveurs peuvent produire de l’énergie tout en gardant leur activité principale. Cela offre une source de revenus en plus de la vente des produits d’élevage. Par exemple, une ferme ovine peut vendre de l’électricité à un fournisseur local, tout en gardant la production de viande ou de lait. Cette double activité aide à mieux gérer les périodes où les prix agricoles sont bas ou instables.
L’image des produits issus d’exploitations agrivoltaïques change aussi. Les consommateurs cherchent de plus en plus des produits respectueux de l’environnement. Les exploitations qui montrent un engagement vers l’énergie verte et la préservation de la nature gagnent en crédibilité. Cela peut donner un avantage pour vendre leurs produits à un meilleur prix, surtout sur les marchés où les labels écologiques sont valorisés.
Les partenariats avec des entreprises d’énergie renouvelable deviennent une vraie option. Les sociétés spécialisées dans le solaire cherchent à travailler avec les éleveurs pour installer et gérer les panneaux. Les deux parties y gagnent : les éleveurs profitent d’un investissement partagé, et les entreprises accèdent à des terres adaptées. Cela crée aussi des emplois locaux, pour l’installation, l’entretien et le suivi des équipements.
L’agrivoltaïsme s’adapte à différents types d’élevage et territoires. Les vaches bénéficient de l’ombre en plaine, les moutons peuvent pâturer sous les panneaux sur terrain sec, les chèvres trouvent des abris sur les reliefs. Cette diversité rend l’approche flexible et adaptée à de nombreux contextes.
| Type d’élevage | Territoire adapté | Opportunités spécifiques |
| Bovins | Plaines, zones humides | Réduction du stress thermique, ombrage |
| Ovins | Terrains secs, coteaux | Pâturage facile sous panneaux |
| Caprins | Zones vallonnées | Adaptation aux reliefs, ombrage naturel |
| Volaille | Aires ouvertes | Protection contre chaleur, prédateurs |
Bonnes pratiques

Intégrer des panneaux solaires dans un élevage demande de bien penser l’installation pour répondre aux besoins des animaux. Le choix du type de panneaux, leur hauteur (souvent 2,5 mètres) et l’espacement entre les rangs doivent permettre aux moutons de circuler librement, de profiter de l’ombre et d’un abri contre la chaleur, le gel ou la sécheresse. Cela aide aussi à protéger les prairies et à garder une bonne croissance de l’herbe, qui sèche moins vite et résiste mieux au gel. Dans certains cas, l’herbe pousse aussi bien sous les panneaux que sur les autres parties du champ, ce qui rassure sur la qualité du fourrage.
Il est important de suivre l’état de santé du troupeau quand il vit sous les panneaux. Un contrôle régulier permet de repérer vite tout problème lié à l’ombre, à l’humidité, ou à la présence de parasites. De plus, la clôture des parcs solaires peut réduire les risques de prédation, ce qui est un atout pour la sécurité des animaux. Les éleveurs peuvent aussi diminuer leurs frais d’électricité grâce à l’énergie produite, et parfois même générer un revenu supplémentaire de 2 000 à 5 000 euros par hectare chaque année, ce qui n’est pas négligeable pour la stabilité économique.
La formation des éleveurs sur les aspects techniques et les règles de l’agrivoltaïsme reste essentielle. Comprendre la réglementation, la gestion des équipements, et les bonnes pratiques de maintenance permet d’éviter les erreurs et d’assurer une bonne cohabitation entre production d’énergie et élevage.
Checklist pour réussir un projet agrivoltaïque en élevage :
- Étudier l’impact environnemental et le bien-être animal
- Choisir le bon type de panneaux et leur disposition
- Prévoir l’accès aux machines agricoles
- Assurer un suivi régulier du troupeau
- Respecter la réglementation locale
- Suivre une formation dédiée