Saviez-vous qu’en France, les fermes solaires flottantes gagnent du terrain sur nos plans d’eau, des lacs du Sud aux bassins industriels d’Île-de-France ? Alors que la pression sur nos terres agricoles s’intensifie et que la transition énergétique s’accélère, cette innovation attire l’attention. Mais s’agit-il d’une véritable solution durable ou simplement d’une tendance éphémère ? Découvrons ensemble les enjeux et le potentiel de ces installations révolutionnaires.
Fonctionnement
Les fermes solaires flottantes sont faites de panneaux solaires posés sur des structures qui flottent sur l’eau. On trouve ces installations sur des réservoirs, des étangs de traitement, ou même des lacs issus d’anciennes carrières. Chaque flotteur garde les panneaux hors de l’eau et résiste au vent et au courant. La taille de la ferme joue aussi sur sa performance : plus la surface couverte est grande, plus on peut produire d’électricité. Mais il faut bien choisir l’endroit et le design, car tous les plans d’eau ne conviennent pas. Parfois, il faut des permis spéciaux ou des études pour ne pas gêner la faune et la flore aquatique.
L’électricité vient des modules photovoltaïques qui changent la lumière du soleil en courant électrique. Ce courant, après avoir été créé sur l’eau, passe par des câbles qui l’emmènent vers la terre ou le réseau électrique. Les systèmes d’ancrage gardent toute la structure en place, même quand l’eau bouge. Les câbles sont protégés de l’humidité pour éviter les pannes et les pertes. Le refroidissement naturel de l’eau sous les panneaux aide aussi à garder un bon rendement, surtout lors de fortes chaleurs.
À la différence des fermes solaires sur terre, la version flottante n’utilise pas de terrain agricole ou sensible. Cela aide là où le sol est rare ou protégé. Les panneaux flottants peuvent aussi limiter l’évaporation de l’eau, ce qui aide les réserves, et certains travaux montrent qu’ils pourraient réduire l’impact du changement climatique localement. Mais il faut rester vigilant : une mauvaise gestion peut freiner la lumière pour les plantes aquatiques et déranger la chaîne alimentaire. L’équilibre entre production, taille, et respect de l’écosystème reste clé pour une solution durable.
Importance
L’optimisation de l’espace devient un enjeu clé, surtout dans les villes où le manque de terres est réel. Les fermes solaires flottantes font bon usage des plans d’eau comme les barrages, les lacs de carrière, ou des bassins industriels. Ce choix permet de ne pas empiéter sur des sols déjà très demandés en ville ou sur des terres agricoles. Par exemple, au Japon et aux Pays-Bas, des installations sur des réservoirs ou des canaux montrent comment on peut produire de l’énergie verte là où le sol manque.
La transition énergétique mondiale pousse à chercher des moyens de produire de l’électricité sans CO2. Les fermes solaires flottantes aident à baisser cette empreinte carbone. Elles produisent de l’énergie propre, sans bruit et sans pollution directe. Des études montrent que l’énergie solaire flottante peut fournir une part notable de l’électricité locale, réduisant le recours aux énergies fossiles. En Inde ou en Chine, ces projets servent souvent à alimenter des réseaux proches, coupant ainsi les émissions dues au transport d’électricité sur de longues distances.
Diversifier les sources d’énergie aide à sécuriser l’approvisionnement et à limiter les risques liés à une seule technologie. Les fermes flottantes s’ajoutent à l’éolien, au solaire au sol, à l’hydroélectrique, pour renforcer la résilience des réseaux. Cette diversité est précieuse lors de pics de demande ou en cas de pénurie d’une source. Plusieurs pays d’Asie et d’Europe intègrent ces systèmes pour mieux répondre à la demande locale.
La baisse des surfaces agricoles et industrielles disponibles pousse à chercher d’autres options. Les plans d’eau sous-utilisés deviennent alors des lieux stratégiques. Cela montre le vif intérêt pour des solutions qui ne prennent pas le pas sur l’alimentation ou l’industrie. Les grands groupes énergétiques investissent déjà dans ce secteur, car la tendance répond à des besoins concrets, pas juste à un effet de mode.
Avantages

Les fermes solaires flottantes offrent plusieurs avantages, surtout pour ceux qui cherchent des solutions propres et efficaces pour produire de l’électricité. Cette technologie se place au croisement de la transition énergétique et de la gestion responsable des ressources naturelles. Elle attire l’attention partout où l’espace au sol est limité ou protégé, comme dans les zones agricoles ou densément peuplées, mais aussi dans des régions isolées qui peinent à accéder à l’électricité.
- Préservation des sols grâce à l’absence d’occupation terrestre
- Réduction de l’évaporation de l’eau sur les plans d’eau
- Absence d’émissions de gaz à effet de serre durant la production d’électricité
- Diminution des risques de pollution liés à l’énergie
- Possibilité de recycler jusqu’à 95 % des composants des panneaux
L’un des points forts des fermes solaires flottantes vient du refroidissement naturel des panneaux par l’eau. Quand les modules sont posés sur des lacs ou des étangs, la température reste plus basse que sur terre ferme. Ce simple effet permet d’augmenter le rendement des panneaux, parfois jusqu’à 10 à 15 % de plus que ceux installés sur le sol sec. Cela veut dire plus d’électricité sans occuper plus d’espace. Ce gain de performance se voit surtout dans les régions chaudes ou pendant les pics d’ensoleillement, quand la production classique chute à cause de la chaleur.
Les fermes flottantes ne bloquent pas l’usage des plans d’eau. Il reste possible de pratiquer l’aquaculture sous les panneaux, ou de garder l’accès pour l’irrigation. Ce partage d’espace optimise l’utilisation de ressources rares et offre une solution double, utile par exemple dans des pays asiatiques où la pression sur les terres agricoles est forte.
Installer des panneaux sur l’eau ne demande pas de gros travaux ou d’acheter des terrains coûteux. Les sites inoccupés ou peu valorisés, comme les réservoirs d’eau ou les carrières, deviennent productifs. Les économies faites sur le foncier rendent cette solution intéressante, surtout dans les villes ou zones agricoles où chaque mètre carré compte.
Typologies
Les fermes solaires flottantes se divisent d’abord selon l’environnement où elles s’installent. On trouve les projets en eau douce, souvent sur des lacs, des réservoirs, ou des bassins artificiels. Ils profitent d’une eau calme et d’un accès facile. D’autres solutions se développent en milieu marin, en mer ou sur des zones côtières. Ces sites offrent une grande surface mais demandent des systèmes qui résistent au sel, aux vagues et aux vents forts.
La technologie des structures flottantes dépend beaucoup des conditions sur place. En eau douce, les plateformes flottantes sont souvent faites en plastique renforcé ou en aluminium. Elles sont modulaires, ce qui aide pour le montage et la maintenance. En mer, il faut des structures plus robustes, parfois en acier, avec des flotteurs plus lourds. Les modules doivent tenir face à la corrosion saline et aux mouvements de l’eau. Certaines solutions offshore s’inspirent de l’ingénierie des plates-formes pétrolières ou des éoliennes flottantes.
Voici une comparaison des typologies selon la taille, la puissance et l’environnement d’implantation :
| Typologie | Taille | Capacité (MW) | Environnement |
| Eau douce, lacs/réservoirs | Petite à grande | 0,5 à 100 | Abrité, accessible |
| Eau douce, bassins industriels | Petite | 0,1 à 5 | Contrôlé, stable |
| Milieu marin côtier | Moyenne à grande | 10 à 200 | Exposé, salin |
| Offshore haute mer | Grande | 100+ | Très exposé |
Les systèmes électriques changent aussi selon le site. Pour l’eau douce, le câblage reste simple et court, le raccordement au réseau est souvent proche. En zone côtière ou offshore, il faut des câbles sous-marins spéciaux contre la corrosion et la perte d’énergie. Les solutions d’ancrage varient : pieux ou amarres pour les lacs, systèmes dynamiques plus complexes pour la mer, pensés pour suivre les mouvements du plan d’eau.
Bonnes pratiques
Installer une ferme solaire flottante demande une approche claire et réfléchie pour garantir la réussite du projet. Plusieurs pratiques permettent non seulement d’optimiser la production d’énergie, mais aussi de limiter les risques sur l’environnement et d’assurer l’acceptation du projet par les communautés.
- Utiliser des matériaux résistants à la corrosion. Les panneaux solaires et les structures flottantes doivent faire face à l’eau, souvent douce ou parfois saumâtre, et à l’humidité constante. Les matériaux comme l’aluminium traité, les plastiques spéciaux ou l’acier inoxydable sont plus adaptés. Par exemple, il vaut mieux choisir des flotteurs en polyéthylène haute densité, car ils tiennent bien face aux UV et à la corrosion. Des installations en Asie ont montré que des structures adaptées réduisent l’usure et la maintenance, ce qui accroît la durée de vie des équipements.
- Prévoir un entretien régulier. L’entretien est essentiel pour éviter la baisse de rendement due à l’accumulation de débris ou à la croissance d’algues sur les panneaux. Il est conseillé de mettre en place un calendrier d’inspection, de nettoyage et de contrôle des fixations. Des équipes locales peuvent suivre la performance et régler rapidement les petits soucis. Cela permet de maintenir la ferme en bon état et d’éviter des réparations coûteuses à long terme.
- Impliquer les parties prenantes locales. La réussite d’un projet dépend souvent de la coopération avec les riverains, les usagers de l’eau et les autorités locales. Organiser des réunions, expliquer le projet et écouter les inquiétudes renforce la confiance. Par exemple, dans certains pays, des projets ont intégré des pêcheurs locaux dans la gestion du site, ce qui a permis de mieux accepter l’installation et de limiter les conflits d’usage.
Erreurs courantes

Les fermes solaires flottantes attirent l’attention pour leur potentiel, mais plusieurs erreurs reviennent souvent lors de leur mise en place. Ces erreurs peuvent freiner la performance, nuire à l’environnement ou faire grimper les coûts. Voici une liste claire des pièges à éviter pour ceux qui souhaitent adopter cette nouvelle technologie.
- Négliger l’étude de l’impact sur la faune et la flore aquatiques : Beaucoup sous-estiment l’importance de préserver l’équilibre naturel. Installer des panneaux sans tenir compte des espèces locales peut causer des déséquilibres. Par exemple, couvrir une trop grande surface d’un lac réduit la lumière pour les plantes sous-marines. Cela perturbe la chaîne alimentaire et peut diminuer la quantité d’oxygène disponible pour les poissons. Sur certains sites, des oiseaux aquatiques voient leurs zones de repos ou de chasse réduites, ce qui peut les pousser à partir ou à changer leurs habitudes.
- Choisir des matériaux ou des systèmes d’ancrage inadaptés : Utiliser des matériaux sensibles à la corrosion ou mal adaptés à l’eau douce ou salée peut raccourcir la durée de vie de l’installation. Un mauvais ancrage, trop léger ou non prévu pour les variations de niveau d’eau, rend la ferme instable. Il y a des cas où des fermes solaires ont dérivé après une crue ou un vent fort parce que l’ancrage n’était pas assez solide ou flexible. Cela entraîne des coûts de réparation élevés et peut endommager l’écosystème local.
- Oublier d’anticiper la maintenance et l’accès : Les installations flottantes demandent un accès régulier pour le nettoyage, le contrôle des câbles, ou la réparation des flotteurs. Ignorer ces besoins augmente le risque de pannes. Si la conception ne prévoit pas de passerelles ou de systèmes simples pour rejoindre chaque panneau, chaque intervention devient complexe et coûteuse. Dans plusieurs projets, le manque d’accès a causé des arrêts de production prolongés, réduisant la rentabilité.
Évaluation
Les fermes solaires flottantes suscitent un intérêt croissant, mais il reste essentiel de mesurer leur efficacité réelle. Pour juger leur performance, plusieurs critères peuvent être utilisés :
- taux de production d’électricité (kWh/m²)
- rendement des panneaux solaires en milieu aquatique
- stabilité de la structure flottante face aux conditions météo
- pertes énergétiques dues à l’ombrage ou à l’humidité
- coûts de maintenance et fréquence des interventions techniques
Comparer les coûts d’investissement et d’exploitation reste incontournable. Une installation flottante demande souvent un investissement initial plus élevé que le solaire au sol, surtout à cause des dispositifs d’ancrage et des matériaux résistants à l’eau. Cependant, dans certains contextes où le foncier coûte cher, installer les panneaux sur un plan d’eau inutilisé peut réduire les dépenses à long terme. Les coûts de maintenance peuvent différer : les panneaux flottants nécessitent des vérifications régulières pour éviter la corrosion ou l’encrassement, mais l’accès aux modules peut s’avérer plus simple sur l’eau que dans des terrains accidentés. Il est donc recommandé de comparer les budgets détaillés des deux options sur plusieurs années.
L’impact environnemental représente un enjeu clé. Il faut dresser une liste des effets positifs, comme la réduction de l’évaporation de l’eau ou la limitation de l’emprise sur les terres agricoles. À l’inverse, les effets négatifs ne doivent pas être écartés : perturbation de la faune et de la flore aquatiques, risques liés aux produits chimiques utilisés pour l’entretien, ou encore modification de la température de l’eau sous les panneaux.
Pour évaluer la rentabilité à long terme, il est utile de prendre en compte les évolutions technologiques (panneaux plus performants, systèmes de suivi du soleil) et les changements possibles des normes environnementales. Une analyse sur vingt à trente ans donne une vision plus claire des bénéfices et des risques liés à ce choix.